lundi 19 juillet 2010

Ow shit.


Bon, ça déconne plus. Je mets les voiles dans moins d'un mois. Ma chambre suinte toujours le bordel, mon chat est plus accro que jamais et il me reste une bonne dizaine de DVDs jamais visionnés.
Penser au 18 aout, ça me donne pas de la joie de partout, comme il faudrait, mais des gros élans de flippe. Je vais partir à l'aube. Et quand je dis aube, c'est l'avion qui décolle à 6h, donc mon réveil branché à au moins 4h, si j'ai eu la chance de pouvoir fermer l'œil. S'ensuit 5h à attendre dans un aéroport allemand (je crois que les possibilités de fun dans un aéroport sont vachement limitées) pour ensuite me taper je ne sais combien d'heures de vol, parce qu'avec le décalage horaire ça complique tout, dans un espèce de truc en métal clos (claustrophobie mon amour) qui peut quand même se péter la gueule, ou exploser des immeubles, selon l'envie, pour atterrir en territoire inconnu. Pour encore attendre, pour encore prendre l'avion, pour enfin arriver.
J'ose même pas imaginer. Je me prépare au pire.
Mais je crois que ce qui va se passer, c'est que je serais tellement naze et tellement à l'ouest (litt. & fig.) que je vais même pas réaliser et que je vais foirer mon entrée.

vendredi 9 juillet 2010

Fragment (Part II)

Moi, tout ce que j'avais, c'était une âme en miette et des yeux gris. Elle m'a choisi un matin d'hiver, elle me l'a dit, elle s'est approchée dans la grisaille, dans son long manteau, et elle l'a chuchoté sur mes lèvres imbibées de fumée. Elle a jeté ma cigarette et m'a embrassé.
Je ne savais pas encore que son nom deviendrait le plus beau du monde, qu'elle s'évanouirait un jour et que je vivrais pour son souvenir.
Elle tremblait dans mes bras, nos langues toujours emmêlées, elle s'est excusée et je l'ai entrainée dans un bistrot. Chloé. Elle voulait un verre d'eau, j'ai insisté pour lui offrir un café, qu'elle a bu sans grimacer, elle m'a avoué plus tard en riant qu'elle détestait ça. On s'est regardés, son sourire en coin et ma mine perdue. Elle m'a demandé ce que je faisais, sur ce banc tous les matins, n'ayant l'air d'attendre rien ni personne, toujours sur le fil. Elle s'était assise à côté de moi un jour, elle m'avait fixé, la tête penchée, pendant quelques minutes.
Je ne l'avais pas remarqué, ce qui me parait incroyable. Qui pouvait la rater. Elle irradiait, sa bouche délicate, ses cheveux d'ébène, la courbe de ses boucles, et la courbe de ses hanches, elle me coupait le souffle ou alors c'était le gout de sa bouche, qui devenait déjà une drogue dure. J'aimais l'embrasser, plus que lui faire l'amour, plus que la regarder, peut être même plus que l'entendre rire.
Ça n'a duré qu'une poignée de mois, je parlais peu mais je ne trichais pas, elle ne me demandait rien alors que je lui aurais tout donné. Une nuit elle m'a dit qu'elle me quittais. Je l'ai embrassée une dernière fois.




Fragment (Part I)



(Je fais du recyclage de truc genre nouvellettes que j'avais écrit il y a plus ou moins longtemps, histoire de meubler avant d'avoir de vrais trucs à raconter.)



Il était assis au bar, avachit sur le comptoir. Je l’ai reconnu grâce à ses vêtements. Sans eux, qui m’étaient déjà si familiers, ça aurait pu être n’importe qui. J’aurais aimé m’approcher les yeux fermés, serrés bien forts, pour ne pas voir la main crispé sur le verre, le visage ravagé par une stupeur qui donne le vertige. Mais je ne pouvais pas. Pour toutes les fois ou il m’avait regardée sans tricher, je lui devais bien ça, surtout aujourd’hui, de le regarder tout entier, bien en face, d’être assez solide, d’encaisser pour lui. Je me suis assise sur le tabouret voisin, j’ai posé ma main sur son avant bras. Il a semblé revenir à lui, a vidé son verre, puis tourné sa tête pour croiser mon regard déterminé. J’ai vu ses yeux chanceler, réaliser, s’embuer. Je savais qu’il n’y avait rien à dire, que tout paraîtrait fade, creux, que les mots ancreraient son drame dans le réel, qu’il avait encore le droit de se laisser submerger, que personne, en ce moment précis, n’exigerait rien de lui. Alors je lui ai tendu mes bras.